Référence :
O17102
Titre :
La déchirure des œuvres d’art
Date :
1971-1974
Description et dimensions :
339 sachets en plastique. 26 cm x12 cm chacun
Performance associée
Hygiène de l’Art
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Provenance
Collection Musée National d’Art Contemporain – Centre Pompidou
Observations
Expositions
Galerie Stadler, Italie, Canada, Céret, Centre Pompidou
Bibliographie
La destruction de ma production artistique en 1972 était bien ce qu’on appelle un geste sacrificiel. Je l’ai vécu comme tel, comme une purification. Mais ce fut aussi et surtout un geste libératoire de tous les stéréotypes de l’art dont je voulais m’affranchir en faisant table rase. Détruire pour créer. Et la campagne que j’ai appelée «prophylactique» et d’«hygiène der l’art», que j’ai alors lancée en adressant par la poste cet appel au fichier d’artistes que j’avais constitué, visait à partager cette démarche et à mettre en évidence l’ambiguïté des sentiments que les autres artistes de mon époque pouvaient entretenir avec leurs œuvres. Ils en faisaient certes la légitime diffusion et promotion. Mais 350 d’entre eux répondirent à ma proposition – ce qui semble évidemment contradictoire – et m’envoyèrent ou m’apportèrent des œuvres pour que je les détruise en en présente des débris dans des sachets hygiéniques étiquetés dans une exposition qui circula à partir de 1974 en commençant par la galerie Stadler à Paris, puis ailleurs en France, en Italie et au Canada. Elle se trouve depuis dans les collections du Centre Pompidou. Le geste était donc pour moi, non pas tant une démarche iconoclaste nihiliste, qu’un préalable à la liberté de création dont je ressentais le besoin avant de m’engager davantage dans l’art sociologique. Pour ceux qui y ont répondu, ce fut peut-être un petit geste mondain, mis en évidence du point de vue sociologique qui m’importait, mais qui ne manquait pas d’assumer un trouble réel.
Ref : Blog Avenir de l’Art 17 mars 2015
Hygiène de l’art
La déchirure des oeuvres d’art (1971-1974) a été, comme la performance et le livre L’histoire de l’art est terminée (1979-1981), une démarche radicale d’hygiène de l’art opposée aux stéréotypes convenus de l’art et à la mode exacerbée de l’avant-gardisme. Personne ne semble avoir pris conscience que c’est le même geste déclaratoire et collectif, en deux temps. Il me fallait me nettoyer l’esprit, faire dans la mesure du possible table rase, pour retrouver la liberté de mon propre chemin critique et ma démarche interrogative participative, que j’ai appelé l‘art sociologique.
Toute ma vie, c’est cette liberté mentale que j’ai recherchée et qui seule m’a permis de construire ma vie, ma démarche d’artiste et de fonder la mythanalyse.
Ref : Blog Avenir de l’Art 22 juin 2018
Un « art sociologique » ?
par Anne Sauvageot, écrivain, professeur de sociologie à l’Université de Toulouse Le Mirail
De même, quoi de plus approprié pour venir à bout du fétichisme de l’art contemporain, qui trouve dans les vernissages mondains la contre-vérité de ses propos affranchis, que de proposer dans ces mêmes lieux institutionnels des œuvres originales « déchirées » et conditionnées sous sachet plas- tique hygiénique (1971) ? Reçues de tous les coins du monde, plus de 300 œuvres originales émiettées témoignent ainsi de la prise de conscience d’artistes eux-mêmes déchirés par le caractère mystificateur de l’art.
Réf : Extraits du catalogue de Céret p 13
Exposition Centre Pompidou 2017
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