
| Référence : O17101 Titre : Essuie-mains à chaînes Date : 1971-1974 Description et dimensions : Chaînes de plastique accrochées sur un dévidoir à essuie-mains en bois Performance associée Hygiène de l’Art | Provenance Collection l’artiste Observations Expositions Céret Bibliographie URL |

| Référence : O17201 Titre : DEFENSE D’ART-FISCHER Date : 1972 Description et dimensions : Métal émaillé 100 x 30 cm Performance associée Hygiène de l’Art – Campagne prophylactique | Provenance 3 exemplaires Collection de l’artiste Collection du Musée d’Art Moderne de Céret Collection du Musée National d’Art Moderne (Centre Pompidou) Observations Expositions Céret – Centre Pompidou – Exposition Oudin Bibliographie L’hygiène de l’art Lorsque l’on tente de repenser le rôle de l’art, sa fonction sociale, son avenir le plus intéressant, il y a un moment où il faut même s’efforcer de libérer sa mémoire, oublier les modèles, les thèmes, les esthétiques, les admirations. Tenter de faire table rase du passé pour reconstruire avec plus de liberté et si possible avec une nouvelle créativité. Ne plus penser adaptation, renouvellement, perfectionnement, mais divergence, radicalement. C’est ce que j’ai tenté au début des années 1970 en détruisant mes propres oeuvre d’art, en proposant aux autres artistes que je connaissais de m’envoyer chacun une oeuvre d’art à déchirer, en organisant des expositions hygiéniques de ces oeuvres déchirées et en parodiant les fameux panneaux interdisant d’afficher sur les murs pour me moquer de ma propre prétention artistique. J’ai ainsi repris ma liberté toute crue. Réf : Blog Avenir de l’Art 29/04/2011 URL L’art dans la rue Mailly,Perpignan 1972 « Il y 40 ans, Hervé Fischer signait sa première rencontre avec Perpignan. Entre intervention plastique et action d’agit-prop, il participe à l’occupation de la Rue Mailly avec les artistes de la mouvance de l’Art dans la rue (27.05.1972). Dès lors la Catalogne s’inscrit dans son œuvre ; co-commissaire de l’exposition Impact II du Musée d’Art Moderne de Céret (Eté 1972), il exposera à la salle d’art alternatif de Perpignan Le Flux et transformera la Librairie Coste-Torcatis en Pharmacie Fischer & Cie (novembre 1975) délivrant des ordonnances thérapeutico-artistiques. Grâce à ses réseaux catalans, Hervé Fischer transformera quelques mois plus tard la ville de Perpignan en un vaste champ d’expérimentation pour croiser pratique artistique et sociologique. Transformer les perpignanais en matériau d’art, telle a été la première action d’envergure du Collectif d’Art Sociologique (septembre 1976). Une carrière entre théorie et pratique qui se voit couronnée par une rétrospective présentée au Musée d’Art Moderne de Céret en 2010. A l’occasion du 40e anniversaire de l’intervention de la Rue Mailly, toujours fidèle à l’avant-gardiste Librairie Coste-Torcatis, Hervé Fischer viendra y donner une conférence exceptionnelle ‘Éloge de l’avenir’ ce jeudi 26 janvier à 18h. » Eric Forcada Je suis resté très attaché à Perpignan et y reviens chaque fois que possible. C’est lors de ma dernière visite en 2012, lors d’une rencontre à la librairie Coste-Torcatis, qu’Eric Forcada avait annoncé ma venue. Chantal Marchon, réalisatrice à la télévision m’a envoyé un court documentaire qu’elle avait tourné en 1972 lors que nous avions été quelques artistes à envahir un beau jour la rue Mailly : nous célébrions « l’art dans la rue ». Claude Viallat, Michel Bertrand, Pascal Fanconny,Ben Vautier, moi-même et plusieurs autres que je ne réussis plus à identifier, y compris des artistes qui se peignaient le corps. L’idée était alors celle de rapprocher l’art et les gens, en dehors des événements élitistes et commerciaux dans les galeries d’art, ou dans les musées, de « déconstruire » la peinture, la libérant du chassis pour la suspendre sur des bâches, et, dans mon cas, de pratiquer ce que j’appelais « l’hygiène de l’art »: un questionnement démystificateur. Ce documentaire est emblématique d’une époque, mais il est demeuré marginal ou oublié. Il est donc intéressant que Chantal Marchon le rediffuse bientôt à la télévision FR3. Réf : Blog Avenir de l’Art 04/08/2014 URL |

| Référence : O17202 Titre : Le chéquier de l’artiste Date : 1972 Description et dimensions : carton et papier Performance associée Hygiène de l’Art – Campagne prophylactique | Provenance Collection de l’artiste Observations Expositions Céret – Centre Pompidou – Exposition Oudin Bibliographie Un « art sociologique » ? par Anne Sauvageot, écrivain, professeur de sociologie à l’Université de Toulouse Le Mirail Même s’il ne fallut pas moins de trente-cinq ans pour transformer une pissotière en œuvre d’art, les adeptes de la première heure – Dada et les surréalistes – avaient trouvé dans le sillage « duchampien » de quoi tisser la toile de fonds des avant-gardes. De déclaratifs en déclaratifs, aussi subversifs qu’ubuesques, les avant-gardes purent se livrer à qui mieux mieux au dépassement des dépassements de l’art jusqu’à ce que mort s’en suive, du moins dans les litanies discursives qui voulurent voir dans la « crise de l’art » sa fin proche. Et vint « l’art sociologique ». Si le manifeste de Tzara avait bien marqué la volonté des dadaïstes de dénoncer la complicité de l’art avec les valeurs bourgeoises, il n’en demeure pas moins que les assauts surréalistes de la nouveauté pour la nouveauté et les dérives des chapelles stylistiques ramenèrent l’art sur la place marchande et non moins bourgeoise, autrement dit dans le cul-de-sac tant décrié. Le temps était venu de nettoyer l’art de ses turpitudes élitistes et mondaines, de pourvoir à son « hygiène » lui apportant d’autres raisons d’être que ses seuls soubresauts devant une mort fantasmée et revendiquée jusqu’à la vantardise. Au anciennes déclarations s’opposa ainsi celle d’un « art sociologique », critique et averti, dépassant à son tour les militantismes avant-gardistes. La nécessité de renouer avec la réalité sociale était affichée et alliait aux outils théoriques de la sociologie une pratique artistique dans et pour un social qui ne serait plus réduit au ghetto dans lequel l’avaient enfermé les avant-gardes. C’est ainsi que fut créé en octobre 1974 le collectif d’art sociologique… Réf : Extraits du catalogue de Céret p 11-12 |

| Référence : O17201 Titre : DEFENSE D’ART-FISCHER Date : 1972 Description et dimensions : Métal émaillé 100 x 30 cm Performance associée Hygiène de l’Art – Campagne prophylactique | Provenance 3 exemplaires Collection de l’artiste Collection du Musée d’Art Moderne de Céret Collection du Musée National d’Art Moderne (Centre Pompidou) Observations Expositions Toutes les expositions postérieures à sa création dont Céret – Centre Pompidou – Exposition Oudin Bibliographie L’hygiène de l’art Lorsque l’on tente de repenser le rôle de l’art, sa fonction sociale, son avenir le plus intéressant, il y a un moment où il faut même s’efforcer de libérer sa mémoire, oublier les modèles, les thèmes, les esthétiques, les admirations. Tenter de faire table rase du passé pour reconstruire avec plus de liberté et si possible avec une nouvelle créativité. Ne plus penser adaptation, renouvellement, perfectionnement, mais divergence, radicalement. C’est ce que j’ai tenté au début des années 1970 en détruisant mes propres oeuvre d’art, en proposant aux autres artistes que je connaissais de m’envoyer chacun une oeuvre d’art à déchirer, en organisant des expositions hygiéniques de ces oeuvres déchirées et en parodiant les fameux panneaux interdisant d’afficher sur les murs pour me moquer de ma propre prétention artistique. J’ai ainsi repris ma liberté toute crue. Réf : Blog Avenir de l’Art 29/04/2011 URL L’art dans la rue Mailly,Perpignan 1972 « Il y 40 ans, Hervé Fischer signait sa première rencontre avec Perpignan. Entre intervention plastique et action d’agit-prop, il participe à l’occupation de la Rue Mailly avec les artistes de la mouvance de l’Art dans la rue (27.05.1972). Dès lors la Catalogne s’inscrit dans son œuvre ; co-commissaire de l’exposition Impact II du Musée d’Art Moderne de Céret (Eté 1972), il exposera à la salle d’art alternatif de Perpignan Le Flux et transformera la Librairie Coste-Torcatis en Pharmacie Fischer & Cie (novembre 1975) délivrant des ordonnances thérapeutico-artistiques. Grâce à ses réseaux catalans, Hervé Fischer transformera quelques mois plus tard la ville de Perpignan en un vaste champ d’expérimentation pour croiser pratique artistique et sociologique. Transformer les perpignanais en matériau d’art, telle a été la première action d’envergure du Collectif d’Art Sociologique (septembre 1976). Une carrière entre théorie et pratique qui se voit couronnée par une rétrospective présentée au Musée d’Art Moderne de Céret en 2010. A l’occasion du 40e anniversaire de l’intervention de la Rue Mailly, toujours fidèle à l’avant-gardiste Librairie Coste-Torcatis, Hervé Fischer viendra y donner une conférence exceptionnelle ‘Éloge de l’avenir’ ce jeudi 26 janvier à 18h. » Eric Forcada Je suis resté très attaché à Perpignan et y reviens chaque fois que possible. C’est lors de ma dernière visite en 2012, lors d’une rencontre à la librairie Coste-Torcatis, qu’Eric Forcada avait annoncé ma venue. Chantal Marchon, réalisatrice à la télévision m’a envoyé un court documentaire qu’elle avait tourné en 1972 lors que nous avions été quelques artistes à envahir un beau jour la rue Mailly : nous célébrions « l’art dans la rue ». Claude Viallat, Michel Bertrand, Pascal Fanconny,Ben Vautier, moi-même et plusieurs autres que je ne réussis plus à identifier, y compris des artistes qui se peignaient le corps. L’idée était alors celle de rapprocher l’art et les gens, en dehors des événements élitistes et commerciaux dans les galeries d’art, ou dans les musées, de « déconstruire » la peinture, la libérant du chassis pour la suspendre sur des bâches, et, dans mon cas, de pratiquer ce que j’appelais « l’hygiène de l’art »: un questionnement démystificateur. Ce documentaire est emblématique d’une époque, mais il est demeuré marginal ou oublié. Il est donc intéressant que Chantal Marchon le rediffuse bientôt à la télévision FR3. Réf : Blog Avenir de l’Art 04/08/2014 URL |

| Référence : O21701 Titre : Art - Avez-vous quelque chose à déclarer ? Date : 2017 Description et dimensions : Peinture éphémère de 12 m de diamètre sur le parvis du Centre Pompidou de Paris pendant 5 mois à compter du début de l’exposition Performance associée | Provenance Observations Reproduction du panneau « Art – Avez-vous quelque chose à déclarer ? Expositions Centre Pompidou Paris 2017 URL Bibliographie Ma vie d’artiste Toute ma vie professionnelle s’est construite autour de cette question, qui résumait mes quêtes antérieures, que j’ai formulée à l’âge de 30 ans exactement, en octobre 1971, sur un panneau de signalisation en tôle émaillée: ART – AVEZ-VOUS QUELQUE CHSE À DÉCLARER? Ma question était à la fois sociologique et mythanalytique. Sociologique parce que ce panneau de « douane culturelle » renvoyait à des clivages sociologiques au moment où émergeait en force l’avant-gardisme élitiste que je critiquais. Mythanalytique, parce que le mythe de l’art était alors déjà pour moi le mythe le plus significatif de notre rapport au monde du point de vue de la création et de l’interprétation que nous en construisons. Depuis, j’ai travaillé à construire une théorie et une pratique de l’art sociologique qui sont devenues aussi une pratique mythanalytique, comme en témoignent mes innombrables performances sociologiques successives dans divers groupes sociaux, grâce aux quelles j’ai pu maîtriser ma névrose d’enfant et sur la base des quelles j’ai pu construire la théorie de la mythanalyse que je propose de plus en plus publiquement. Je n’avais pas en tête un projet aussi clair que le compte rendu que j’en formule aujourd’hui. J’étais plutôt confronté à mes incertitudes, ma solitude, mes angoisses existentielles et je progressais sans en avoir vraiment conscience. Je ne savais pas bien comment assumer cette double activité théorique et pratique, que ni le milieu artistique, ni le milieu intellectuel, encore moins universitaire, n’étaient disposés à reconnaître. C’était par moment – à de nombreuses et longues reprises, décourageant; parfois un petit signal de reconnaissance me relançait dans mon activisme incessant. J’ai essayé dans les années 1980-90 d’en faire mon deuil, en vain. J’y ai finalement consacré ma vie. Mais avec le recul du temps, aujourd’hui, à 77 ans, 47 ans plus tard, je prends pleinement conscience de l’unité de cette démarche. L’art sociologique a été ma pratique artistique, mais aussi mon analyse mythanalytique. Et la théorie de la mythanalyse que j’ai ainsi construite, était donc inséparable de ma démarche artistique. L’une a été la base de l’autre et réciproquement. J’ai passé ma vie à répondre à ma question originelle sur l’art : ces quelques mots sur tôle émaillée! Cette question inscrite sur ce panneau de signalisation routière a donc été la plus fondamentale, la plus importante, la plus persistante de ma vie. Elle embrassait toutes les autres. Elle exigeait réponse. Il est étonnant pour moi de découvrir si tardivement qu’elle résumait ma question existentielle individuelle, sociale, théorique et pratique. Elle a commandé toutes mes questions secondaires. Elle a commandé ma vie. Bien sûr, il est impensable que j’y réponde pleinement. Mais je sais qu’elle a constitué l’unité de ma vie, de ma démarche artistique et théorique, l’une appelant l’autre, nourrissant l’autre et réciproquement. Au moins, cela est-il aujourd’hui devenu clair pour moi. Et j’ai même eu le bonheur d’y fonder mon exigence éthique dans l’utopie de l’hyperhumanisme et de l’éthique planétaire qui en résulte. J’ai donc le sentiment d’avoir complété l’édifice. Mon essai sur l’hyper humanisme est aujourd’hui écrit et attend une réponse d’éditeur. Reste à aboutir dans la rédaction de ma théorie de la mythanalyse. Ce travail commencé lui aussi dans les années 1970 est très avancé, mais il progresse encore chaque jour et je ne sais pas le temps qu’il me faudra encore pour le juger suffisamment abouti et le soumette à un éditeur. Cela fera sans doute alors quelque cinquante ans que j’y réfléchis et que je le rédige selon diverses séquences. Je veux juste espérer que je pourrai vivre encore suffisamment d’années pour le compléter. Réf : Blog Avenir de l’art, 19 dec 2018 |

| Référence : O21702 Titre : Art - Avez-vous quelque chose à déclarer ? Date : 2017 Description et dimensions : Magnets sur métal émaillé réalisés par le Centre Pompidou à l’occasion de l’exposition 6,5 cm x 6,5 cm Performance associée Cartes reproduisant le panneau réalisées par le Centre Pompidou à l’occasion de l’exposition | Provenance Observations Reproduction du panneau « Art – Avez-vous quelque chose à déclarer ? Expositions Centre Pompidou Paris 2017 URL Bibliographie Ma vie d’artiste Toute ma vie professionnelle s’est construite autour de cette question, qui résumait mes quêtes antérieures, que j’ai formulée à l’âge de 30 ans exactement, en octobre 1971, sur un panneau de signalisation en tôle émaillée: ART – AVEZ-VOUS QUELQUE CHSE À DÉCLARER? Ma question était à la fois sociologique et mythanalytique. Sociologique parce que ce panneau de « douane culturelle » renvoyait à des clivages sociologiques au moment où émergeait en force l’avant-gardisme élitiste que je critiquais. Mythanalytique, parce que le mythe de l’art était alors déjà pour moi le mythe le plus significatif de notre rapport au monde du point de vue de la création et de l’interprétation que nous en construisons. Depuis, j’ai travaillé à construire une théorie et une pratique de l’art sociologique qui sont devenues aussi une pratique mythanalytique, comme en témoignent mes innombrables performances sociologiques successives dans divers groupes sociaux, grâce aux quelles j’ai pu maîtriser ma névrose d’enfant et sur la base des quelles j’ai pu construire la théorie de la mythanalyse que je propose de plus en plus publiquement. Je n’avais pas en tête un projet aussi clair que le compte rendu que j’en formule aujourd’hui. J’étais plutôt confronté à mes incertitudes, ma solitude, mes angoisses existentielles et je progressais sans en avoir vraiment conscience. Je ne savais pas bien comment assumer cette double activité théorique et pratique, que ni le milieu artistique, ni le milieu intellectuel, encore moins universitaire, n’étaient disposés à reconnaître. C’était par moment – à de nombreuses et longues reprises, décourageant; parfois un petit signal de reconnaissance me relançait dans mon activisme incessant. J’ai essayé dans les années 1980-90 d’en faire mon deuil, en vain. J’y ai finalement consacré ma vie. Mais avec le recul du temps, aujourd’hui, à 77 ans, 47 ans plus tard, je prends pleinement conscience de l’unité de cette démarche. L’art sociologique a été ma pratique artistique, mais aussi mon analyse mythanalytique. Et la théorie de la mythanalyse que j’ai ainsi construite, était donc inséparable de ma démarche artistique. L’une a été la base de l’autre et réciproquement. J’ai passé ma vie à répondre à ma question originelle sur l’art : ces quelques mots sur tôle émaillée! Cette question inscrite sur ce panneau de signalisation routière a donc été la plus fondamentale, la plus importante, la plus persistante de ma vie. Elle embrassait toutes les autres. Elle exigeait réponse. Il est étonnant pour moi de découvrir si tardivement qu’elle résumait ma question existentielle individuelle, sociale, théorique et pratique. Elle a commandé toutes mes questions secondaires. Elle a commandé ma vie. Bien sûr, il est impensable que j’y réponde pleinement. Mais je sais qu’elle a constitué l’unité de ma vie, de ma démarche artistique et théorique, l’une appelant l’autre, nourrissant l’autre et réciproquement. Au moins, cela est-il aujourd’hui devenu clair pour moi. Et j’ai même eu le bonheur d’y fonder mon exigence éthique dans l’utopie de l’hyperhumanisme et de l’éthique planétaire qui en résulte. J’ai donc le sentiment d’avoir complété l’édifice. Mon essai sur l’hyper humanisme est aujourd’hui écrit et attend une réponse d’éditeur. Reste à aboutir dans la rédaction de ma théorie de la mythanalyse. Ce travail commencé lui aussi dans les années 1970 est très avancé, mais il progresse encore chaque jour et je ne sais pas le temps qu’il me faudra encore pour le juger suffisamment abouti et le soumette à un éditeur. Cela fera sans doute alors quelque cinquante ans que j’y réfléchis et que je le rédige selon diverses séquences. Je veux juste espérer que je pourrai vivre encore suffisamment d’années pour le compléter. Réf : Blog Avenir de l’art, 19 dec 2018 |

| Référence : O17102 Titre : La déchirure des œuvres d’art Date : 1971-1974 Description et dimensions : 339 sachets en plastique. 26 cm x12 cm chacun Performance associée Hygiène de l’Art | Provenance Collection Musée National d’Art Contemporain – Centre Pompidou Observations Expositions Galerie Stadler, Italie, Canada, Céret, Centre Pompidou Bibliographie La destruction de ma production artistique en 1972 était bien ce qu’on appelle un geste sacrificiel. Je l’ai vécu comme tel, comme une purification. Mais ce fut aussi et surtout un geste libératoire de tous les stéréotypes de l’art dont je voulais m’affranchir en faisant table rase. Détruire pour créer. Et la campagne que j’ai appelée «prophylactique» et d’«hygiène der l’art», que j’ai alors lancée en adressant par la poste cet appel au fichier d’artistes que j’avais constitué, visait à partager cette démarche et à mettre en évidence l’ambiguïté des sentiments que les autres artistes de mon époque pouvaient entretenir avec leurs œuvres. Ils en faisaient certes la légitime diffusion et promotion. Mais 350 d’entre eux répondirent à ma proposition – ce qui semble évidemment contradictoire – et m’envoyèrent ou m’apportèrent des œuvres pour que je les détruise en en présente des débris dans des sachets hygiéniques étiquetés dans une exposition qui circula à partir de 1974 en commençant par la galerie Stadler à Paris, puis ailleurs en France, en Italie et au Canada. Elle se trouve depuis dans les collections du Centre Pompidou. Le geste était donc pour moi, non pas tant une démarche iconoclaste nihiliste, qu’un préalable à la liberté de création dont je ressentais le besoin avant de m’engager davantage dans l’art sociologique. Pour ceux qui y ont répondu, ce fut peut-être un petit geste mondain, mis en évidence du point de vue sociologique qui m’importait, mais qui ne manquait pas d’assumer un trouble réel. Ref : Blog Avenir de l’Art 17 mars 2015 Hygiène de l’art La déchirure des oeuvres d’art (1971-1974) a été, comme la performance et le livre L’histoire de l’art est terminée (1979-1981), une démarche radicale d’hygiène de l’art opposée aux stéréotypes convenus de l’art et à la mode exacerbée de l’avant-gardisme. Personne ne semble avoir pris conscience que c’est le même geste déclaratoire et collectif, en deux temps. Il me fallait me nettoyer l’esprit, faire dans la mesure du possible table rase, pour retrouver la liberté de mon propre chemin critique et ma démarche interrogative participative, que j’ai appelé l‘art sociologique. Toute ma vie, c’est cette liberté mentale que j’ai recherchée et qui seule m’a permis de construire ma vie, ma démarche d’artiste et de fonder la mythanalyse. Ref : Blog Avenir de l’Art 22 juin 2018 Un « art sociologique » ? par Anne Sauvageot, écrivain, professeur de sociologie à l’Université de Toulouse Le Mirail De même, quoi de plus approprié pour venir à bout du fétichisme de l'art contemporain, qui trouve dans les vernissages mondains la contre-vérité de ses propos affranchis, que de proposer dans ces mêmes lieux institutionnels des œuvres originales « déchirées » et conditionnées sous sachet plas- tique hygiénique (1971) ? Reçues de tous les coins du monde, plus de 300 œuvres originales émiettées témoignent ainsi de la prise de conscience d'artistes eux-mêmes déchirés par le caractère mystificateur de l'art. Réf : Extraits du catalogue de Céret p 13 Exposition Centre Pompidou 2017 URL |

| Référence : O17103 Titre : Essuie-mains Date : 1971 Description et dimensions : Torchon ; torchon avec empreintes de mains à l’acrylique ; toile avec empreintes de mains à l’acrylique ; bande de chlorure de vinyle avec motifs sérigraphiés, chaque élément accroché sur un dévidoir à essuie-mains en bois 2 fois 122 x 67 X 8 cm, 2 fois 144 x 67 x 8 cm Performance associée Hygiène de l’Art | Provenance Collection de l’artiste. Collection Musée National d’Art Contemporain – Centre Pompidou Observations Crédit photo : Laurence Honnorat/Innovaxiom Expositions Céret, Centre Pompidou, Galerie 24Beaubourg, centre d’art Perpignan Bibliographie Extrait entretien avec Sophie Duplaix, commissaire de l’exposition au Centre Pompidou (2017) Sophie Duplaix Dans le chapitre de l’hygiène de l’art, il y a aussi des œuvres étonnantes, des essuie-mains, de vrais essuie-mains, mais quand même un peu modifiés. Hervé Fischer Cela fait partie de l’hygiène. L’idée est que, si on veut vraiment avoir l’esprit libre, être disponible pour une nouvelle démarche artistique, il faut faire du nettoyage. A l’époque, il y avait dans les cafés parisiens des essuie-mains qui étaient en tissu, suspendus à un petit rouleau de bois et sur lesquels on tirait pour se sécher les mains. J’en ai pris un tel quel, que j’ai acheté au Bazar de l’Hôtel de Ville – pas très loin du Centre Pompidou. Mon idée était analogue à celle de Kosuth dans l’art conceptuel : il juxtaposait la photo de la chaise, la chaise, et la définition de la chaise prise dans le dictionnaire. J’ai juxtaposé l’essuie-mains ordinaire et un essuie-mains sur lequel j’ai mis des empreintes de mains, puis j’ai remplacé l’essuie-mains par une toile à peindre blanche sur laquelle j’ai mis mes empreintes de mains. Ensuite, pour être tout à fait hygiénique, j’ai fait sérigraphier les empreintes de mains sur du plastique, un matériau particulièrement propre et transparent. Cet ensemble de quatre essuie-mains était un geste provocateur, mais je l’ai fait surtout pour moi-même, pour m’approprier ma liberté, être disponible pour l’art sociologique, qui était à inventer. Je dois ajouter un mot à propos des empreintes de mains. A l’époque, il y avait le mouvement Supports/Surfaces, qui déconstruisait la représentation traditionnelle, bourgeoise, l’illusion d’un paysage sur une toile tendue sur un châssis avec un cadre. Cela m’a certainement influencé. Mais je pensais aussi à un geste anti-avant-gardiste, et j’ai donc repris l’empreinte de main telle qu’on la voit dans les grottes préhistoriques, le geste qui ne prétend aucunement inventer l’art chaque jour. Car je ne crois pas au progrès en art. Cette critique de l’exacerbation avant-gardiste des années 1970 était fondamentale dans ma conception de l’art sociologique. D’autre part, je m’attaquais à la question de toucher la toile, ce que l’on n’a pas le droit de faire dans les musées – il y a toujours une corde, un petit trottoir, un capteur de mouvement – et moi, au contraire, je voulais qu’on touche la toile. Enfin, j’ai fait les empreintes en bleu, blanc, rouge pour souligner le rapport de l’art à la société. J’ai choisi ironiquement les couleurs de la patrie ! Réf : Catalogue du Centre Pompidou pages 10 et 11 Exposition Centre Pompidou 2017 URL |
